Djeustine craque, Djeustine est allée au bloc, et elle en fait toute une histoire.
Djeustine a enfin vu à quoi ressemblait une thyroïde, a vu les ovaires d'un blanc éclatant d'une p'tite dame réclamant une ligature des trompes depuis plusieurs années, a vu un lipome "se transformer" en kyste et étonner tout le monde.
Alors, évidemment, elle ne s'en remet pas, et le pire, c'est qu'elle a entraîné big Estelle dans cette "aventure" (enfin bon, il faut dire que big Estelle autant entraîné big Djeustine que l'inverse hein !) !
Alors, oui, Djeustine avoue qu'elle retournerait volontiers voir cet espèce d'ours mal léché d'humeur exécrable quand il opère, et oui, elle avoue aussi avoir été presque émue quand elle a vu la première thoracotomie de sa vie, et pense qu'elle le sera encore sûrement pour la deuxième. Mais, assister à l'opération de quelqu'un et le voir se réveiller en scrutant la salle de réveil, vous fait ressentir quelque chose d'unique. Alors même que pendant toute l'intervention on l'a considéré en tant que thyroïde, ou en tant qu'hernie inguinale, on se rend compte qu'au bout de ce carré de peau stérile, il y avait un humain, un vrai de vrai, qui pense, ressent de la douleur, peut être soulagé, soigné, puis peut repartir chez lui sans encombre (ou presque).
Alors, évidemment, tout cet univers séduit (pour ma part en tout cas). On a l'impression d'être dans un autre monde, un monde parallèle, avec des personnes de la vie de tous les jours dans un univers hors du commun, qui ne fait pas vraiment partie de la vie, mais sûrement pas de la mort non plus. ça ressemblerait presque à une sorte d'antichambre où toute douleur est inhibée pour les patients, où ce qui est proscrit dans la vie "quotidienne" est alors autorisé.
Je me suis sentie à la fois à des lieues de la vie, mais en même temps si proche d'elle, face à ces corps endormis, engourdis par l'anesthésie, à la fois soulagés et malmenés par la chirurgie (certes de moins en moins invasive), mais si proches des confins de la vie.
Je pense qu'il m'aurait été encore plus étrange de voir les patients après leur intervention, de les entendre parler, à la fois remercier et se plaindre, puis reprendre le cours de leur vie (presque) comme si cet épisode "hors de leur propre vie" et hors de leur propre corps n'avait pas compté pour eux.
Je me souviens m'être faite opérer et m'être réveillée dans une salle de réveil, évidemment sans parvenir à me rappeler ce qui s'était passé, ni combien de temps j'avais été anesthésiée. J'avais alors ressenti une sorte de frustration à l'idée que toute l'équipe du bloc avait assisté à mon opération - ce qui ME concernait en premier lieu- et que, paradoxalement, en tant que principale intéressée, je n'en gardais aucun souvenir. Je ne savais qu'une chose : j'avais quelque chose en moins dans mon corps, j'avais mal, mais j'allais être soulagée.
J'ai d'ailleurs, comme tout patient subissant une intervention bénigne, repris ma vie normalement, et n'ai plus beaucoup repensé à cette sensation jusqu'au jour où je me suis retrouvée de l'autre côté du champ opératoire.
Donc, pour combler ma frustration, je compte bien retourner au bloc, et essayer de ne pas penser qu'au carré de peau stérile dépassant du champ op', mais bien à l'intégralité de l'individu auquel appartient cette peau, cette thyroïde,cette épaule, ou cet ovaire...
Enfin, ce n'est pas pour ça que je projette d'être chirurgien, je n'ai pour l'instant pas envie de faire une croix sur une vie familiale et conjugale relativement simple. Vous l'aurez compris, c'est bien mon éternelle curiosité débordante qui m'a poussée jusque là !
"Et lui, qu'est-ce qu'il fait pendant que j'opère ?hein ? Je vous le donne en mille : IL DORT !"
Les sous-doués ...
Djeustine a enfin vu à quoi ressemblait une thyroïde, a vu les ovaires d'un blanc éclatant d'une p'tite dame réclamant une ligature des trompes depuis plusieurs années, a vu un lipome "se transformer" en kyste et étonner tout le monde.
Alors, évidemment, elle ne s'en remet pas, et le pire, c'est qu'elle a entraîné big Estelle dans cette "aventure" (enfin bon, il faut dire que big Estelle autant entraîné big Djeustine que l'inverse hein !) !
Alors, oui, Djeustine avoue qu'elle retournerait volontiers voir cet espèce d'ours mal léché d'humeur exécrable quand il opère, et oui, elle avoue aussi avoir été presque émue quand elle a vu la première thoracotomie de sa vie, et pense qu'elle le sera encore sûrement pour la deuxième. Mais, assister à l'opération de quelqu'un et le voir se réveiller en scrutant la salle de réveil, vous fait ressentir quelque chose d'unique. Alors même que pendant toute l'intervention on l'a considéré en tant que thyroïde, ou en tant qu'hernie inguinale, on se rend compte qu'au bout de ce carré de peau stérile, il y avait un humain, un vrai de vrai, qui pense, ressent de la douleur, peut être soulagé, soigné, puis peut repartir chez lui sans encombre (ou presque).
Alors, évidemment, tout cet univers séduit (pour ma part en tout cas). On a l'impression d'être dans un autre monde, un monde parallèle, avec des personnes de la vie de tous les jours dans un univers hors du commun, qui ne fait pas vraiment partie de la vie, mais sûrement pas de la mort non plus. ça ressemblerait presque à une sorte d'antichambre où toute douleur est inhibée pour les patients, où ce qui est proscrit dans la vie "quotidienne" est alors autorisé.
Je me suis sentie à la fois à des lieues de la vie, mais en même temps si proche d'elle, face à ces corps endormis, engourdis par l'anesthésie, à la fois soulagés et malmenés par la chirurgie (certes de moins en moins invasive), mais si proches des confins de la vie.
Je pense qu'il m'aurait été encore plus étrange de voir les patients après leur intervention, de les entendre parler, à la fois remercier et se plaindre, puis reprendre le cours de leur vie (presque) comme si cet épisode "hors de leur propre vie" et hors de leur propre corps n'avait pas compté pour eux.
Je me souviens m'être faite opérer et m'être réveillée dans une salle de réveil, évidemment sans parvenir à me rappeler ce qui s'était passé, ni combien de temps j'avais été anesthésiée. J'avais alors ressenti une sorte de frustration à l'idée que toute l'équipe du bloc avait assisté à mon opération - ce qui ME concernait en premier lieu- et que, paradoxalement, en tant que principale intéressée, je n'en gardais aucun souvenir. Je ne savais qu'une chose : j'avais quelque chose en moins dans mon corps, j'avais mal, mais j'allais être soulagée.
J'ai d'ailleurs, comme tout patient subissant une intervention bénigne, repris ma vie normalement, et n'ai plus beaucoup repensé à cette sensation jusqu'au jour où je me suis retrouvée de l'autre côté du champ opératoire.
Donc, pour combler ma frustration, je compte bien retourner au bloc, et essayer de ne pas penser qu'au carré de peau stérile dépassant du champ op', mais bien à l'intégralité de l'individu auquel appartient cette peau, cette thyroïde,cette épaule, ou cet ovaire...
Enfin, ce n'est pas pour ça que je projette d'être chirurgien, je n'ai pour l'instant pas envie de faire une croix sur une vie familiale et conjugale relativement simple. Vous l'aurez compris, c'est bien mon éternelle curiosité débordante qui m'a poussée jusque là !
"Et lui, qu'est-ce qu'il fait pendant que j'opère ?hein ? Je vous le donne en mille : IL DORT !"
Les sous-doués ...


